quarta-feira, 8 de novembro de 2017

"Brebeatles"

 LES BREBEATLES


Dans le zoo de Liverpool,
entre Abbey Road et Penny Lane,
on peut admirer la laine
de quatre ovins dans le vent.
Ce sont les brebeatles,
yeah, yeah, yeah.
Les brebeatles ont les poils longs,
et bêlent de jolies chansons :
« Imagine qu’il n’y ait pas d’enclos,
pas de gardien, et pas de zoo»,
et avec eux, les animaux
font « Obladi » et « Oblada ».
Les brebeatles mangent tant d’herbe
qu’ils croient parfois voir dans le ciel
Lassie avec des diamants.
Ce sont les brebeatles,
yeah, yeah, yeah.

Hervé le Tellier, França, in Anthologie

                                           de l’OuLiPo


segunda-feira, 6 de novembro de 2017

Canto arrefecido


Na amenidade da noite o frio
    instala-se
                    lentamente
 existimos
   cada qual no seu canto
    adivinhando
 o Outro
 acordado

   na friúra do seu canto



domingo, 5 de novembro de 2017

Traça(s)


A nudez tece
 na roupa
 a traça
 a traça
 devora na roupa
 a nudez:
 a escrita tem
 o destino
 das traças:
 só depois
 se revelam rotos
 os tecidos
 do mundo

leonardo




sábado, 4 de novembro de 2017

Balas

Gonçalo Mabunda

a bala dos poemas que desferes no peito dos outros
 termina o seu trajecto no teu próprio coração


leonardo


sexta-feira, 3 de novembro de 2017

Para a Catalunha (e não só...)

 XXIV

 Si et criden a guiar
un breu moment
del mil·lenari pas
de les generacions,
aparta l’or
la son i el nom.
També la inflor
buida dels mots,
la vergonya del ventre
i dels honors.
Imposaràs la veritat
fins a la mort,
sense l’ajut
de cap consol.
No esperis mai
deixar record,
car ets tan sols
el més humil
dels servidors.
El desvalgut
i el que sofreix
per sempre són
els teus únics senyors.
Excepte Déu
que t’ha posat
dessota els peus
de tots.
                      

Salvador Espriu in A Pele de Touro


XXIV

Se te chamam a guiar
um breve momento
do caminhar milenário
das gerações,
afasta o oiro,
o sono e o nome.
Também a pompa
vã das palavras,
a vergonha do ventre
e das honrarias.
Imporás
a verdade
até à morte,
sem a ajuda
de nenhum consolo.
Não esperes nunca
deixar lembrança,
porque és apenas
o mais humilde
dos servidores.
O desvalido
e o que sofre
sempre serão
os teus únicos senhores.
Excepto Deus,
que te pôs
debaixo dos pés
de todos.

(tradução, do catalão. de Manuel de Seabra)
Salvador Espriu, Catalunha (1913-1985)

quinta-feira, 2 de novembro de 2017

Excerto do nada



(...) Ô DC8 des Pélicans
Cigognes qui partent à l'heure
Labrador Lèvres des bisons
J'invente en bas des rennes bleues
En habit rouge du couchant
Je vais à l'Ouest de ma mémoire
Vers la Clarté vers la Clarté

Je m'éclaire la Nuit dans le noir de mes nerfs
Dans l'or de mes cheveux j'ai mis cent mille watts
Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande
J'imagine le téléphone dans une lande
Celle où nous nous voyons moi et moi
Dans cette brume obscène au crépuscule teint
Je ne suis qu'un voyant embarrassé de signes
Mes circuits déconnectent
Je ne suis qu'un binaire

Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte
Il est tôt Lève-toi Prends du vin pour la route
Dégaine-toi du rêve anxieux des biens assis
Roule Roule mon fils vers l'étoile idéale
Tu te rencontreras Tu te reconnaîtras
Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans
La mue ça ses fait à l'envers dans ce monde inventif
Tu reprendras ta voix de fille et chanteras Demain
Retourne tes yeux au-dedans de toi
Quand tu auras passé le mur du mur
Quand tu auras outrepassé ta vision
Alors tu verras rien

Il n'y a plus rien

    (...)

Léo Ferré



quarta-feira, 1 de novembro de 2017

Poetry


(...) It is not a spent light, a burned- out lamp, a lume spento.
(...) It is a firefly of the imagination.
It is the sea-light of Greece, the diamond light of Greece. (...)
Poetry holds death at bay.


Lawrence Ferlinghetti, EUA (1919)